quarta-feira, 9 de setembro de 2009

La Nouvelle Epicerie

Il y a une nouvelle épicerie terrible qui s'est ouverte pas très loin de chez nous dans le quartier, et maman m'a emmené faire des courses avec elle, parce qu'elle dit qu'elle ne voulait plus me laisser seul à la maison, que je faisais toujours des bêtises, comme si c'était de ma faute qu'à cause de la grosse étincelle de mon train électrique il n'y avait plus eu de lumière chez M. Blédurt, qui avait des invités et qui, après, s'est disputé avec papa. M. Blédurt, c'est un voisin qui ne nous parle plus.
Nous sommes allés en auto à l'épicerie, parce que maman conduit l'auto de papa, maintenant. C'est papa qui a commencé à apprendre à conduire à maman, et moi je n'aimais pas tellement ça, parce qu'après chaque leçon maman pleurait et disait qu'elle allait retourner chez sa maman, qui est ma mémé. Mais après, maman est allée dans une école et elle l'a eu, son permis. Et elle a été drôlement courageuse, ma maman, parce que maintenant, il paraît, il faut passer quatre examens pour l'avoir, le permis de conduire. Chaque fois que maman lui demande de lui prêter la voiture, papa, pour rire, dit que non, mais après la discussion, il est toujours d'accord. Quand nous sommes arrivés devant l'épicerie, on a eu de la chance, parce qu'il y avait un gros camion qui est parti, et qui a laissé juste la place qu'il nous fallait pour nous garer; et nous sommes entrés dans l'épicerie.
Elle est formidable, la nouvelle épicerie! Grande comme tout, avec des tas et des tas de lumières, et une radio qu'on ne voit pas, mais qui vous dit tout le temps ce qu'il faut acheter. Et puis, plus chouette que tout, à l'entrée, on vous donne un chariot pour mettre dedans les choses qu'on achète:
- Oh! dis, maman, j'ai demandé, tu me laisses pousser le chariot?
- Oui, mais sois sage, m'a dit maman.
Il roulait drôlement bien, le chariot; si on en avait des comme ça pendant la récré, qu'est-ce qu'on rigolerait! et puis, on pourrait jouer aux avions et ratatatatat!
- Nicolas! Tais-toi! m'a dit maman.
Alors, j'ai cessé de faire la mitrailleuse, et nous avons commencé à marcher dans l'épicerie; il y a comme des couloirs entre les tas de choses à manger. Mais il n'y a pas de vendeurs: on peut prendre ce qu'on veut, ce qui est vraiment une bonne idée. Parce qu'il y en a des choses! je n'ai jamais vu autant de boîtes de cassoulet, même chez Alceste, et pourtant, chez Alceste, on aime bien le cassoulet!
Maman était en train de regarder des choses qui étaient dans une espèce de glacière; il y avait une pancarte qui expliquait que ces choses se réchauffent et qu'elles sont très bonnes, un peu comme le ragoût que fait maman, et après on en mange pendant des jours, et à la fin, papa, pour rire, dit qu'il va retourner chez pépé si on lui en sert encore. Et puis, j'ai vu un type, grand comme moi, à peu près, qui était là, seul, avec un chariot, lui aussi, mais avec plein de choses dedans. Je me suis approché de lui, et il m'a dit:
- On fait une course, vroum?
- Bon, j'ai dit, jusqu'aux bouteilles, là-bas.
Et on a commencé à courir dans le couloir, mais moi, je crois qu'il l'a fait exprès, bing! son chariot a accroché le mien. Je ne lui ai pas donné une baffe, parce que maman m'avait dit d'être sage, mais je suis parti; il n'y a qu'avec les copains de l'école qu'on peut vraiment jouer. L'ennui, c'est qu'une roue du chariot était un peu tordue, à cause de cet imbécile, et une dame habillée en blanc est venue, elle m'a pris par le bras et elle m'a dit que ma maman me cherchait partout. Alors, je suis allé avec elle, et elle m'a amené devant une dame que je ne connaissais pas.
- Mais non, a dit la dame que je ne connaissais pas, ce n'est pas celui-là! C'est un petit rouquin avec des… Tenez! le voilà, là-bas!
Et la dame que je ne connaissais pas est allée vers le type avec qui j'avais fait la course, et le type, il l'a eue, sa baffe! Et puis, maman est arrivée, et elle a dit:
- Te voilà! Je t'avais pourtant bien dit de ne pas te sauver! Tu verras à la maison, tu ne perds rien pour attendre!
Et puis maman n'a plus voulu que je pousse le chariot, et c'est elle qui a conduit.
- Eh bien, elle a dit, il roule vraiment mal, ce chariot! Pour un magasin tout neuf, donner des chariots avec des roues tordues… Enfin!
Et puis, j'ai suivi maman dans les couloirs, et elle choisissait des choses et elle les mettait dans le chariot. Alors moi, pour que maman ne soit pas plus fâchée contre moi - ça me fait toujours une peine terrible quand maman est fâchée contre moi - j'ai décidé de l'aider et de lui faire une surprise. Alors, pendant que maman était occupée, moi aussi je mettais des tas de bonnes choses dans le chariot. Et puis, maman a dit qu'il se faisait tard et qu'on allait rentrer. Ce que je ne savais pas, c'est qu'avant de sortir, on passe devant un monsieur qui est assis derrière une caisse, qui sort du chariot toutes les choses, pour les mettre sur un comptoir, et qui fait payer. Ça, c'est pas très chouette comme truc; ils pourraient prévenir. Et puis, bien sûr, ça a fait des histoires, parce que maman a dit qu'elle n'avait pas acheté tout ça et qu'elle ne savait pas comment c'était venu dans son chariot. Et puis, elle m'a regardé avec des gros yeux, et moi je me suis mis à pleurer et j'ai dit que, comme il n'y avait pas de vendeurs, je ne savais pas qu'il fallait payer. Le monsieur à la caisse a fait un sourire, il a dit que «Bon ça va», et maman a choisi ce qu'elle voulait garder. Elle a dû se dépêcher un peu, maman, parce que les gens derrière nous commençaient à se plaindre et à dire qu'ils étaient pressés. Nous sommes sortis du magasin et j'ai vu qu'il y avait des hommes en blanc qui regardaient la roue du chariot et qui nous regardaient après. Mais ils n'ont rien dit.
Maman, elle avait l'air un peu nerveuse en entrant dans l'auto de papa; c'est pour ça, sans doute, qu'elle a eu cet accrochage avec l'autre dame qui attendait qu'on s'en aille pour se garer. Mais ce n'était pas de la faute de maman; elle avait bien mis le clignotant pour montrer qu'elle allait faire une marche arrière. À la maison, maman a été très gentille, et elle ne m'a pas grondé du tout. Mais quand papa est arrivé, elle lui a dit:
- Chéri, nous avons eu un petit accident.
J'ai eu peur qu'elle raconte à papa le coup de la roue du chariot, mais non, c'était seulement pour parler de l'auto. Et pendant que papa et maman discutaient, je me suis dit que la grande épicerie, c'est drôlement chouette! Mais moi, quand même, je préfère l'épicerie du coin. Il n'y a pas de chariots, dans l'épicerie du coin; de toute façon, il n'y aurait pas de place; mais chaque fois que j'y vais, M. Compani me donne des biscuits. Les cassés, au fond de la boîte, mais qui sont encore très bons.

Um comentário:

  1. Hello,
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