sexta-feira, 28 de agosto de 2009

La crise fait souffrir le tourisme à Paris

Par Caroline Politi, Fekih Sihem

La Ville Lumière reste la plus visitée au monde, mais sa fréquentation pâtit de la crise économique. Démonstration.

La capitale aurait-elle perdu son pouvoir de séduction ? Les touristes sont de moins en moins nombreux à arpenter les rues de Paname. « On compte environ 10 % de visiteurs en moins depuis le début de l'année », précise Paul Roll, directeur général de l'office du tourisme et des congrès de Paris. Principaux absents, les Américains, les Britanniques et les Japonais. La crise est passée par là ! Elle a également modifié les habitudes des vacanciers : « Les voyages sont plus courts et les touristes dépensent moins », relève Jean-Bernard Bros, adjoint au maire chargé du tourisme. Fini, le shopping, les hôtels de luxe et les grands restaurants... L'office prévoit un manque à gagner de près de 20 % pour l'année 2009 ! Des prévisions qui n'entament pas l'optimisme de Jean-Bernard Bros : « Paris est et restera la première destination touristique mondiale ! » Visite guidée.

La tour Eiffel vacille. Passages obligés lors d'un séjour dans la capitale, la tour Eiffel et le Louvre ont été presque boudés depuis janvier, notamment par les Américains et les Européens, qui jusqu'alors constituaient l'essentiel des visiteurs. Le château de Versailles résiste mieux. Après un début d'année morose, il a retrouvé ses hordes de touristes. Le site a même connu une fréquentation record lors du week-end de Pâques, avec une augmentation de plus de 40 % par rapport à l'année précédente.

Mickey tremble. Le plus grand parc d'attractions d'Europe séduit toujours. Au premier semestre, Disneyland Paris a affiché une augmentation de 100 000 visites par rapport à 2008. Mais tout n'est pas rose dans le monde de Mickey. La baisse du nombre de visiteurs anglais et espagnols au profit d'un public de proximité, essentiellement français et belge, a entraîné un recul du taux d'occupation des hôtels. De même, les ventes de souvenirs et de friandises ont légèrement diminué par rapport à l'année dernière. Malgré les nombreuses offres promotionnelles et les nouvelles attractions développées pour faire face à la crise, le chiffre d'affaires du parc a subi une érosion de 4 %.

Mornes palaces. Les grands hôtels parisiens sont aussi touchés. Depuis janvier, le Plaza Athénée a vu son activité chuter de 12 % par rapport à 2008. Une érosion due à la désertion des fortunes du Moyen-Orient. La température n'est pas meilleure au Crillon et Jean-Claude Messant, son directeur, évoque un début d'année « laborieux », nuancé toutefois par le mois d'avril, où le taux d'occupation a regagné 2 points, grâce au retour des Américains et des Européens, notamment des Russes. La catégorie des hôtels trois et quatre étoiles de la capitale souffre également et accuse une baisse du nombre des arrivées de 18 % comparé à celui de 2008.

Vuitton au beau fixe. Le maroquinier français est encore épargné par la crise. La visite de ses deux magasins phares, sur les Champs-Elysées et avenue Montaigne, reste l'un des musts des programmes touristiques. Les Japonais, suivis de près par les Chinois, demeurent accros à la vénérable marque. Vuitton relève même une augmentation de ses ventes auprès de nouveaux venus de pays émergents. Seul bémol au tableau : la clientèle américaine, affectée par la chute du dollar, se fait plus timide.

Un Printemps frais. Plus que les subprimes, c'est surtout l'épidémie de grippe H1N1 qui a pesé sur la fréquentation du célèbre magasin du boulevard Haussmann. Plusieurs tour-opérateurs japonais ont annulé leur voyage. Mais l'enseigne enregistre quand même une hausse de son chiffre d'affaires, grâce à un panier moyen plus élevé.

T. Coex/AFP
Incontournable? La tour Eiffel, passage obligé lors d'un séjour à Paris, est presque boudée depuis janvier.

Nenhum comentário:

Postar um comentário